Si le deuil est riche d’enseignement, il bouleverse à jamais la vie que nous avions avant. Avant la perte, avant la mort…

Ce n’est pas un tracé linéaire, on peut s’en écarter à tout moment. Il n’y a aucune règle en matière de deuil, seulement l’existence d’un processus identique pour tout le monde et qui fonctionne par étapes. Certaines personnes avanceront rapidement, franchiront ces étapes sur un court laps de temps, d’autres reviendront fréquemment en arrière : chaque deuil est unique puisque c’est un processus d’ultime solitude.

Les 4 phases du processus de deuil

Reconnaître ces 4 grandes phases permet de se rassurer : ce que nous vivons est normal. 

  • Phase de Choc/sidération : C’est un mécanisme de défense. Cette étape débute lors de l’annonce du décès. On est dans l’impossibilité de croire à la réalité. On peut parfois être comme « porté », on ne se sent pas si mal. Il peut y avoir comme une anesthésie émotionnelle (dure de quelques heures à quelques semaines).
  • Phase de Fuite/recherche : Ici, le décès devient plus réel. On en veut au monde entier. On ressent le besoin de voir, toucher, sentir celui qui est mort. On croit le reconnaître tout autour de nous. Certains endeuillés se noient dans les activités pour tenter d’oublier (de 6 à 15 mois après le décès).
  • Phase de Déstructuration : C’est un moment de prise de conscience où l’on ressent une profonde solitude. Un temps de repli sur soi. On prend conscience que la personne disparue ne reviendra plus, elle est également moins évoquée autour de nous… On pensait aller mieux et on s’aperçoit que c’est encore plus douloureux à présent.
  • Phase de Restructuration : Des années après (2 ans, 2 ans 1/2), la colère s’est estompée. On fait le point sur qui nous sommes devenus. On réinvestit petit à petit le monde avec des projets, de nouvelles rencontres. Nous avons intégré la disparition.

Quelque soit le nombre d’étapes, il y a toujours du déni, de la colère, de la culpabilité et de l’acceptation.

Accompagner une personne en deuil, c’est la rassurer en lui disant que tout ce qu’elle peut ressentir est naturel et fait partie du processus. Pour ceux qui sont présents à ses côtés, il est important de faire abstraction de toute réaction personnelle, de jugement. Il faut lui laisser la liberté de se défouler, de se vider, de se raconter… Et puis, et surtout : écouter. Prêter une oreille attentive et reconnaître parfois qu’on ne sait pas quoi dire. Mais être là, dans l’écoute, l’accueil de la parole de l’autre.

Un processus de cicatrisation

Les techniques pratiquées au cabinet sont des alliées dans le cheminement du deuil. La cicatrisation se fait moins douloureuse et ouvre à l’acceptation. Ces techniques (hypnose, E.F.T) diminuent la tristesse, restaurent un lien avec le défunt. Elles permettent également de débloquer et d’apaiser certaines deuils traumatiques.

S’autoriser la bienveillance avec soi-même.

Il est important de pouvoir mettre des mots sur les maux et de se faire aider. Le chagrin n’est pas une condamnation à perpétuité. Il faut oser demander de l’aide (association, médecin, thérapeute…) car il est important de pas rester bloqué dans son deuil. Mettre des mots sur la tristesse ou la colère est un besoin fondamental. Ne pas retenir ses émotions, les laissez s’exprimer. Le deuil est quelque chose de chaotique.  Les dates réactivent très fréquemment une douleur qui s’estompait : les anniversaires, le jour du décès, les fêtes de famille etc.

De la présence extérieure à la présence intérieure.

Selon le Dr Christophe Fauré, la perte s’efface quand elle est redéfinie ainsi :

1- Le monde n’est plus comme avant = l’image sociale bouge

2- J’ai accepté = la perte est rationalisée et intégrée émotionnellement.

3- Je ne suis plus comme avant = la perte a un sens, l’endeuillé est transformé.

La perte d’un proche aura un impact sur notre existence, on ne « fait » jamais son deuil, il n’y a pas de fin de deuil, simplement un cheminement intérieur… On apprend à composer avec la perte. On comprend que l’on a avancé dans ce deuil, le jour où l’on réalise que la personne décédée fait toujours partie de nous. Notre relation s’est transformée : nous ne voyons plus la personne « extérieurement à nous », mais « en nous ». Le deuil c’est intégrer la personne à l’intérieur de nous.

« Faire le deuil d’un être cher, c’est pouvoir transformer la pensée douloureuse en une pensée chaleureuse le concernant. Il faut du temps »

Elisabeth Kübler-Ross.

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