Il arrive souvent que des personnes qui poussent la porte de mon cabinet me demande combien de temps va durer leur deuil ? « J’ai l’impression après toutes ces années que je ne ferai jamais le deuil de mon mari…« . Si le processus est le même pour tout le monde, la façon de le vivre est différente car personnelle. Chacun le vit à sa manière et à son rythme.

« Le deuil n’est pas un état, mais un processus »

Colin Parkes

Tree Triplets

Le type de mort, l’âge, la sensibilité, la foi, les valeurs et croyances jouent une influence. C’est pourquoi il n’y a aucune recette magique, aucune règle de durée pour un deuil, ni de méthodologie. Ce travail de deuil dure le temps de la cicatrisation, il est propre au ressenti de chacun. Et l’expression « Faire son deuil » ne veut absolument rien dire.

Le deuil est fait de métamorphoses, de transformations. Il y a le temps du refus, de la colère, de la recherche de « coupable », de la tristesse et enfin de l’acceptation. Le manque persistera pour toujours mais le lien qui vous unissait demeurera à tout jamais. Vous ne voyez que l’absence.

Les émotions sont souvent très intenses. Chaque deuil réactive d’anciennes blessures non cicatrisées. Vous n’avez de cesse de revisiter cette relation, cela fait partie des bouleversements du deuil. Comment arriver à recréer du sens à partir d’un événement qui n’a pas de sens justement ? Cela prend du temps, un temps qui vous est propre. Peut-être alliez-vous bien hier et ce matin impossible de quitter votre lit, trop de peine, d’émotions. Le processus de deuil est ainsi fait d’allers et retours, comme une vague.

Et si le temps arrive à apaiser, il ne suffit pas. Il faut pouvoir parler, raconter encore et encore. Le deuil ce n’est surtout pas oublier, même si aujourd’hui, il faut vite « faire son deuil », comme je l’entends encore trop souvent. « Il est peut-être temps de te débarrasser de ses affaires, non ? » : écoutez votre besoin, vos émotions, ne laissez personne vous dire ce que vous devez faire. Si vous vous interrogez, vous questionnez : suis-je normal d’aller plusieurs fois par jour sur la tombe de ma femme ? Dormir avec une de ses chemises ? Caresser un t-shirt ? Oui, tout est normal, soyez doux avec vous…

Lentement, les manifestations de votre deuil vont s’estomper, les liens qui vous unissaient se transformer. Si au contraire vous ressentez une perturbation ou un blocage, qui semble s’installer dans la durée, n’hésitez pas à consulter afin que votre deuil ne se transforme pas en deuil pathologique.

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