La Mort

Lorsque la mort touche de près un enfant, il peut-être parfois difficile d’en parler avec lui. Les parents, les proches font bien souvent ce qu’ils peuvent sur le moment. « Il ne comprend pas, il est beaucoup trop jeune… On lui dira plus tard… », toutes ces phrases qui donnent naissance aux secrets de famille ! C’est vraiment une erreur de croire que l’enfant ne comprend pas. A chaque âge sa compréhension évidement. En dessous de 3 ans, il ne peut pas comprendre le concept de mort. Jusqu’à 5 ans, la mort est un aspect de la vie pour l’enfant. Il peut la comparer à un grand sommeil, un voyage. Il pense que l’on peut « revenir » (comme dans les jeux vidéos)… A partir de 8 -9 ans il comprend ce qu’est la mort, sa signification est claire. Parler avec lui, c’est d’abord écouter ce qu’il a à dire, ce qu’il sait. Il ne faut pas que sa douleur reste enfouie en l’excluant , alors que vous pensiez le protéger.

L’enfant à la droit de savoir. Lever l’ambiguïté lorsque vous avez à annoncer un décès : même si cela semble difficile ne pas dire « Ce matin mamie est montée au ciel ». Employez plutôt « Mamie est morte », c’est un fait : mamie ne reviendra pas. Les enfants peuvent facilement fantasmer sur ce qui est arrivé.

Pic : Francesco de Tommaso

L’enfant aura tendance à manifester sa peine avec un certain nombre de maux qu’il va développer (parfois même des années après le décès), une agressivité peut apparaître ou encore il va choisir de s’isoler, se refermer sur lui. C’est pourquoi Il est important de le rassurer sur le fait qu’il ne restera pas seul suite à ce décès, qu’on sera là, auprès de lui. Prendre le temps de parler, d’expliquer, s’autoriser à pleurer ensemble. Il ne faut pas oublier qu’un enfant peut s’attribuer la mort car il pense ne pas avoir été assez sage ou encore mettre toute son énergie à protéger celui qui reste, afin de ne pas l’inquiéter.

Concernant le suicide d’un proche : Avec internet, les réseaux sociaux, les médias les choses ont changé : l’enfant peut facilement chercher des informations, si avant il était coutume de taire le suicide, aujourd’hui on ne peut plus lui mentir. Il faut dire les mots, ne pas hésiter à prononcer le mot « suicide« . Le mot va donner le sens à la mort. Il faut oser en parler, le nommer. Même s’il fait très peur. L’enfant le découvrira toujours et cela sera très douloureux et violent pour lui car il aura l’impression d’avoir été exclu. Pour l’expliquer il faut prendre du temps, ne pas se précipiter. lui parler, savoir ce qu’il a vu et qu’il en parle.

Le Deuil

Il est important qu’il soit associé aux funérailles. S’il le souhaite, il peut tout à fait participer physiquement ou, s’il n’en exprime pas l’envie, être représenté symboliquement par un dessin, un poème, une photo. Mettre en place un rituel de deuil adapté à l’enfants est important et l’aide à franchir ce passage délicat. Il peut par ce biais exprimer son chagrin librement.

Il faut en parler avec lui et si son souhait est d’être présent lors de la cérémonie ou aller voir le corps de son proche décédé (si l’état du corps le permet bien évidemment), j’encourage toujours le fait de bien lui expliquer les choses avant, de le préparer à ce qu’il va pouvoir voir (le visage cireux, par exemple), le déroulé de l’enterrement etc. De l’accompagner au plus près simplement.

Les parents, s’ils ne s’en sentent pas capables peuvent demander à un proche de rester à ses côtés, de faire le relais car il est important de ne jamais le laisser livré à lui-même.

Pic : Urszula Trojanowska

Pour l’accompagner dans son processus de deuil, on peut s’aider de supports comme des livres. Voici deux livres que je conseille fréquemment :

Créer un rituel en écrivant ensemble un recueil de souvenirs peut également aider l’enfant à traverser ce deuil. Et sachez simplement que du moment qu’il est accompagné, l’enfant est capable de vivre les choses.

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